Atelier intergénérationnel du 9 avril 2012 (Lundi de Pâques)
Salle des Fêtes de Lachau
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Greffage, troc de semences, plants et greffons, fabrication de cordes, repas partagé et veillée avec devinettes “qu’es acò ?” en provençal, guitare et chants!
Activités multiples et variées, pédagogiques, instructives, surprenantes ou ludiques se prolongeant en repas partagé et veillée provençale en musique, si sympathique qu’elle s’est terminée du côté des douze coups de minuit!
Nous remercions très cordialement Annie et Claude Ravoux, Jean-Luc Héraud, Jean-Marie Veux et Karine Raynaud (archéologue) d’avoir contribué à la préparation et au succès de cet atelier. Un coup de chapeau spécial aussi à Michel Borel et Pierre Begnis pour leurs démonstrations.
Atelier de greffage en fente, en écusson ou en couronne
De nombreux visiteurs amateurs de greffage se sont pressés autour de nos fidèles Maîtres Greffeurs ès couronne, fente ou écusson, Michel Vincent et Pierre Begnis. Chacun pouvait se faire la main dans ces différentes méthodes de reproduction d’arbres fruitiers. Il est bon de savoir quels greffons peuvent aller sur quel porte-greffe et savoir à quelle époque de l’année il faut le faire afin de se donner la meilleure chance de reprise. Il convient d’opérer avec précision et soin tout au long du délicat processus de greffe pour que le succès soit au bout. Pierre et Jean Begnis, de Mévouillon ont généreusement mis à la disposition des apprentis greffeurs de multiples greffons en provenance du “paradis” que sont leurs vergers. Chacun pouvait se faire la main et même en emporter chez eux pour exercice pratique à domicile.
Certains sont venus de fort loin pour apprendre à greffer dans leurs jardins les variétés d’arbres fruitiers qu’ils aiment et convoitent. Les espèces locales anciennes de pommiers et de poiriers ont toujours beaucoup de succès auprès de nos membres du fait de leur bonne adaptation à notre terroir difficile de montagne mais aussi par désir de préserver la diversité et sortir des standards formatés du commerce qui finissent par être monotones. Vivent les formes, odeurs et saveurs de fruits qui se déclinent à l’infini pour le bonheur de nos papilles!
L’étonnante machine à fabriquer les cordes de Louis Borel
A l’extérieur de la salle, un franc soleil de printemps nous permet de nous attarder pour admirer l’ingéniosité de la machine à fabriquer des cordes à partir de bobines de fil de toute nature, sisal, jute ou autre, ou même à partir de vielles ficelles de récupération en toutes matières mais d’épaisseur égale qu’on aura raboutées (il suffira d’en couper les barbes une fois la corde finie). La machine en bois a été construite des mains de Louis Borel, de Mévouillon. Elle est basée sur un système de torsion ingénieux et très simple appliqué aux fils tendus entre les deux extrémités, grâce à une manivelle que l’on tourne pour former, ici, quatre torons à partir des fils. Lorsque la torsion des torons atteint une certaine force, l’énergie ainsi toute accumulée dans le même sens, tend à se décharger par une torsion en sens inverse des torons entre eux cette fois, grâce au point d’attache librement articulé, ce qui forme la corde. A ce moment un “guide” en bois tenu par un opérateur permet de ralentir, de “doser” ce deuxième mouvement de torsion en sens inverse afin d’obtenir une corde ni trop raide, ni trop lâche, bien compacte au dessin parfait, qui sera utile en de nombreuses circonstances de la vie courante d’une ferme, d’un atelier ou en renfort de bien des dépannages ou bricolages. Pour une finition impeccable et solide des bouts (pour éviter que la corde ne se défasse partiellement), il faut les bloquer par un noeud adéquat (de “pêcheur” par exemple, d’où l’utilité de connaître l’art des noeuds) ou utiliser de la colle. Merci à Michel pour cette démonstration intéressante et l’aide rédactionnelle technique de ce paragraphe et des légendes du diaporama.
Cette technique me fait penser à un souvenir d’enfance: aux “ficelles” de laine que je fabriquais petite fille pour faire de jolies attaches de pompons ou de sacs par exemple: je tendais des fils de laine de la longueur et de l’épaisseur voulue à une poignée de porte et leur imprimais une torsion jusqu’à ce que l’ensemble raidisse et cherche à s’entortiller, ce qui se fait très rapidement. Puis il suffisait de saisir lestement les deux bouts et de tirer dessus pour les égaliser et obtenir ainsi un cordon du plus joli effet. Plus j’avais tordu, plus elle était belle et solide. Mélanger les couleurs permettait de se laisser surprendre soi-même par les effets de panachage obtenus. j’adorais faire cela!
Annie
Sur la photo ci-dessous nous voyons le constructeur de la machine, Louis Borel, de Mévouillon, doyen de l’atelier du jour (97 ans), avec son épouse Lucette. Il nous a fait le grand honneur de se déplacer à l’occasion de la démonstration faite avec “sa” machine par son fils Michel qui la connait sur le bout de doigts. Nous avons apprécié sa visite et le remercions très sincèrement pour ce moment si intéressant et vraiment unique.
Avec une belle belle corde on peut faire des choses utiles mais on peut aussi s’amuser en faisant de l’exercice!

Cyprien Roux vient nous rendre visite - Nous l'apprécions comme personne ressource précieuse pour des savoirs et savoir-faire locaux - Il est le "premier" de nos "anciens" professeurs (vannerie, greffe, conseils, etc.)
Le troc de semences, plants, boutures et greffons
- Pierre Begnis a apporté quantité de greffons de son grand verger
Repas partagé et soupe mystère “qu’es acò ?”
Pour le repas partagé, une nouvelle soupe inédite imaginée par Monique Amic de Lachau et testée sur 28 convives du “qu’es acò ?”. La soupe était d’une belle teinte orange et difficile de deviner tous les mystérieux ingrédients qui lui donnaient sa couleur et sa saveur très spéciales ! Personne n’a trouvé le secret mais il n’en est pas resté… Merci Monique, qui sait si bien nous surprendre et qui nous dévoile la recette :
500 g de carottes
80 g de dattes dénoyautées
1 oignon, 2 échalotes
1 cuiller à café de miel 1 bouillon cube ou bouillon de légumes, de pot-au-feu ou de volaille Sel, poivre, cumin, huile d’olive
Faire revenir à l’huile d’olive oignon et échalote sans dorer
Ajouter les carottes en rondelles, faire de nouveau revenir, ajouter les dattes, et la cuiller à café de miel, puis le bouillon (délayé dans un litre d’eau si déshydraté)
Faire cuire 1/4 d’heure en autocuiseur ou une demie heure à la casserole
Ajouter le cumin moulu, sel et poivre
Mixer ou passer au tamis et servir!
Et enfin la Cérémonie des devinettes en provençal: ”qu’es acò ?”
Pour réussir un bon concours de devinettes destiné à exercer la vivacité des neurones, il faut un certain nombre d’objets, les plus bizarres possible, les plus incongrus, les plus inusités afin que l’intérêt du public soit fortement stimulé par la curiosité.

Jean-Louis Ravoux et André Clary sont les Maîtres de cérémonie pour les devinettes en provençal du "qu'es acò ?" (Photo Hélène Lambert)
Et il faut aussi des Maîtres de Cérémonie qui adorent parler en provençal, suscitent des questions dans cette langue et nous fassent languir de perplexité avant de donner éventuellement notre langue au chat en désespoir de cause. Ils ne dédaignent pas un minimum de traduction vers le français (ou vice-versa) pour aider les malheureux qui ne comprennent pas grand-chose à la belle langue provençale.
Ils ont un humour d’une grande fraîcheur et savent présenter les choses dans la joie et la bonne humeur en faisant durer le suspense le plus longtemps possible. Ces deux-là nous les avons: Jean-Louis Ravoux et André Clary! Nous leur devons beaucoup pour la réussite de notre ”qu’es acò ?”. Merci à eux!
Jacqueline Ramel chante et joue de la guitare
Merci de tout coeur à Jacqueline pour cette animation talentueuse de la veillée par de très beaux chants et les sons de sa guitare. Nous avons beaucoup aimé sa voix et espérons qu’elle enchantera encore nos veillées dans le futur!
Je remercie Jacqueline et Jean Louis Ramel pour leur participation au “qu’es acò ?”. Jacqueline chante superbement en provençal (ceux d’ ici disent “patois”) des chansons connues des anciens qui furent des découvertes pour moi et beaucoup de participants. Elle se produit en concert de chansons provençales, en solo accompagnée de sa guitare et aussi en groupe orchestral.
Jean-Louis collecte les chansons locales en provençal : échanges fructueux lors de la veillée avec Lucienne Roux dite “Lulu”.
A noter deux éditions produites toutes ou parties par Jean-Louis Ramel :
“Les chansons de la Drôme”, fruit de sa collecte de chansons avec plusieurs autres auteurs : CD d’enregistrements de chansons, de témoins et textes des paroles avec indications musicales
“Au Col des Aros” livre de souvenirs de la vallée d’à côté écrit par feu Louis Ravoux , (père de Jean-Louis Ravoux un de nos deux maitres de cérémonie du “qu’es acò ?”) qui témoigne de sa vie quotidienne enfant.
Jacqueline et Jean Louis Ramel sont très impliqués dans la pédagogie et militent pour la résurgence des langues et des cultures provençales.
J’espère pouvoir organiser un atelier futur autour des danses populaires anciennes , totalement méconnues de moi et que je suis curieuse de découvrir
Miette Ripert
Pour prendre contact avec Jean Louis et Jacqueline
Culture et communication
http://jeanlouis.ramel.free.fr
J et JL RAMELRoute d’ Entrechaux
84110 Faucon
Tél. 04 90 46 48 61









































