Tresser, tordre les tiges souples ramassées dans la nature

Le Dauphiné Libéré du 7 mars 2012

Le Dauphiné Libéré du 7 mars 2012

Le Dauphiné Libéré du 7 mars 2012

Le Dauphiné Libéré du 7 mars 2012 (Brigitte Bonnaire)

 Tresser tordre les tiges souples

« Panier rond » « boundes/paillouses/paillassous » – « rempaillage à la sagne » 

Diaporama complet du jour, cliquer ici!

Thierry Oger finit un panier en osier

Thierry Oger finit un panier en osier sous le regard intéressé du public

Ce samedi 3 mars 2012, les espaces intérieurs et extérieurs de la Salle des Fêtes de Lachau accueillent les amateurs de vannerie et de rempaillage. On utilise des matières premières familières ou surprenantes récoltées dans la nature, toutes locales et traditionnellement utilisées par les anciens.

Thierry Oger finit un panier en osier

Thierry Oger réalise avec dextérité un pied de finition sur un panier en osier rond .

Brins d'osier pour le croisillon du fond

Tout panier commence par une croisée de 6 ou 8 brins d'osier

Il montre aux petits et aux grands comment démarrer un fond pour un nouveau panier rond.

Claude Ricard supervise le travail de Yolande, dans le rôle de l'élève en rempaillage, pour cette fois

Le rempaillage des vielles chaises avec des sagnes (une herbe des zones humides) a un très grand succès. Claude Ricard enseigne les astuces de démarrage, reprend une maladresse ou finit un siège en beauté.

Yolande Madiot

Yolande Madiot enseigne le démarrage "en escargot" d'une corbeille ou jarre ( bounde ou paillassou ou paillouse) en brins de paille de seigle cousus au "fil de ronce" qui vient d'être préparé

Yolande Madiot travaille la paille mais domestique ausi des ronces féroces pour en faire de longs fils souples pour coudre sur lui-même le boudin de seigle.

Repas partagé

Le repas partagé est l’occasion de déguster les spécialités du jour et la soirée se termine à regret sous le charme des chansons du folklore du monde que Yolande et Denise chantent en s’accompagnant de l’accordéon et de la guitare.

Nous remercions chaleureusement nos Maîtres ès Vanneries Sauvages et Rempaillage, Thierry, Claude et Yolande d’offrir ainsi leur talent, leur temps et leur patience pour la transmission de leur savoir-faire.

Yolande à l'accordéon et Denise à la guitare

Yolande et Denise chantent et s'accompagnent de leurs instruments

Quelques précisions de Miette sur la vannerie sauvage 

Les tiges souples à tresser proviennent des essences régionales suivantes :

  • saule têtard (taillé et étêté régulièrement pour produire des brins longs et fins sans ramifications
  • osier (nous en avons localement trois belles variétés à l’abandon en bords de ruisseaux)
  • noisetier
  • tilleul (gourmands)
  • cornouiller sanguin
  • érable champêtre
  • pervenche
  • houblon
  • doubluge (clématite blanche)
  • tatinier (viorne flexible ou viorne lantane)
  • fusain
  • prunier sauvage
  • troène

D’une manière générale, pour n’importe quelle variété, il faut tailler à ras du pied et six mois après on obtient de longues tiges souples comme souhaité.

Vannerie sauvage

Les nombreuses variétés d'essences locales utilisées dans la vannerie sauvage

Les tiges à tordre servent à faire les boundes/paillassou/paillouses: trois noms différents pour désigner des paniers ou genres de jarres traditionnelles qui servaient autrefois dans la région à conserver les céréales et diverses denrées alimentaires.

Paniers en paille

Paniers en paille de seigle traditionnels, créations de Yolande Madiot

Ces paniers sont faits de paille de seigle, paille de molinie, jonc carex ou feuilles de sagnes des marais. Ils sont cousus à l’écorce de ronce. La molinie est une belle longue paille sauvage des bords de ruisseau qui fait de jolies taches dorées à l’automne; elle a l’avantage de ne pas comporter de noeud.

Démarrage

On commence par former un petit escargot avec quelques brins de paille cousus au "fil de ronce"

Les matériaux sont rassemblés en petits faisceaux d’une dizaine de brins tordus et cousus en spirale sur eux-mêmes (forme de coquille d’escargot) avec un fil constitué d’une lanière fabriquée à partir de ronce grattée.

Yolande Madiot enlève les épines des ronces avec un outil en bois inventé par Pierre Begnis

La ronce est désépinée puis coupée en deux ou quatre. La moelle est grattée pour ne garder qu’une lanière très souple et solide ressemblant à du cuir. Les lanières une fois fabriquées peuvent se sécher et être réutilisées plus tard en les retrempant. Par contre les ronces entières perdent leur souplesse au bout de deux jours.

L’outil en bois pour enlever les épines, genre pince à linge, est une fabrication de Pierre Begnis. Il s’agit d’un morceau de bois sec de 20 cm fendu au centre sur les deux tiers. Il permet de gratter assez facilement les épines en mettant la liane dans la fente et en faisant un mouvement de va et vient et de rotation.

Annonce:

Lors du prochain atelier du Lundi de Pâques le 9 avril à Lachau à 16 H il y aura un troc de semences, plants et greffons, des boutures d’osiers et de saules à vannerie, locales, anciennes et contemporaines (à replanter en bords de ruisseau, zone d’épandage de fosse septique ou mare), ainsi que des plants de sagnes pour le rempaillage (en voie de disparition localement).

Yolande Madiot est venue participer bénévolement à l’Université Buissonnière mais propose professionnellement des stages payants de vannerie sauvage. Elle se produit aussi comme chanteuse pro sur commande, voir bougemeouge@free.fr

Mangeoire pour oiseaux

Mangeoire pour oiseaux en osier de la Méouge, troène, clématite, lierre et cornouiller sanguin (Création de Yolande Madiot, La Glaneuse 05300 Barret sur Méouge 04 92 65 28 96)

Yolande mélange à sa guise à l’osier sauvage les lianes ou végétaux qu’elle glane au bord des ruisseaux pour obtenir des effets de matières et de couleurs chatoyantes pour des objets inattendus.

Cet article, publié dans Botanique, Vannerie et tressage, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Tresser, tordre les tiges souples ramassées dans la nature

  1. Bonjour,
    que dire !!! merci !! cette article est tres interessent, je suis motivée comme jamais a rammasser et a faire des paniers (essayer du moins)
    la mangeoire a oiseau est superbe !!! un chef d’oeuvre

  2. louis dit :

    C’est magnifique! je suis justement en train de réaliser un panier de pêche en cornouiller. et j’ai douze ans !!
    Cordialement

  3. Mar Hetka'la dit :

    Sublime ! c’est un reve qui m’est venu depuis toute petite fille, malheureusement je n’ai pu le réaliser mais peut être qu’un jour…:-)

  4. Hélène Decarpignies dit :

    Bonjour, je viens de finir ma maison en paille et je m’attèle maintenant à valoriser le demi hectare autour. Je souhaiterai développer une activité artisanale autour de la paille et de la fibre végétale en général (ortie, chanvre…)dans le but d’aider à l’emballage et la présentation des produits artisanaux locaux. Seriez vous intéressée pour venir animer ici sur Montargis (45200) un stage autour des pailles sauvages locales? Merci de votre réponse
    Paillement vôtre
    Hélène D

  5. C’est vraiment très beau; bravo! Ca donne envie de perseverer quand on debute

  6. Ferrarato Edouard dit :

    ce que vous réalisez est fabuleux; je n’ai pas de mots pour décrire mon émotion!

Répondre à mietter Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s