Ateliers 2011 – 2012

Vers-sur-Méouge le 5 janvier 2011

Meilleurs voeux buissonniers, hivernaux et ensoleillés!

Pour info le prochain Atelier Intergénérationnel Université Buissonnière (habituellement le 1er samedi du mois) est prévu à Lachau le samedi 8 janvier à partir de 16H à la salle des fêtes qui nous accueille pour notre premier atelier 2011.
Rameaux souples à tresser
Atelier gratuit sur inscription par mail  miette.ripert@free.fr tel (0475285478 /06 66 800031)

Au programme

Vannerie traditionnelle,

Vannerie sauvage et boundes/paillouse/paillassou ‘(jarres anciennes en paille de seigle cousue avec des ronces)

Rempaillage de chaises avec la sagne

…et ce que vous proposerez si vous avez un savoir faire à transmettre…ou expérimentations libre pour les plus aventureux……

Nous démarrons à 16H et la soirée se prolongera pour ceux qui le veulent par une veillée /repas partagé (chacun porte un plat  à partager et ses couverts, fromage ou charcuterie pour ceux qui n’ont pas le temps de cuisiner)

Matériel necessaire ; penser à apporter  un sécateur et un couteau (étiquette avec votre nom), des gants (genre gants rosiers).

Facultatif mais  utile si vous en avez sous la main : tous rameaux souples repoussés aux pieds d’arbres ou de buissons coupés ( saule, frêne, fusain, troène, noisetier, chêne, cornouiller sanguin,tatinier,(viorne lantane) amélanchier, etc….(si quand on tord le rameau il reste souple et ne se casse pas c’est bon. Joncs souples et verts dit joncs des chaisiers, sagne pour ceux qui connaissent. Quand à la molinie, Yolande m’en a apporté une botte mais je ne vois pas d’endroit connu ou j’ai vu cette graminée (graminée poussant en touffes au bord de la Méouge, jaune d’or et sans plumeau, la tige d’environ 1m à 1m50 ne comporte aucun noeud), la doubluge alias clématite blanche, houblon,pervenche…Si vous invitez des gens  pour samedi faites passer le message d’apporter ce qu’ils ont à portée de main en rameaux, lianes à tresser et penser à les inscrire.
Amitiés buissonnières hivernales du coin du feu

Miette

8 janvier 2011, Atelier de vannerie très spécial à Lachau. Il est basé sur les matières premières que les participants ont rapportées et qui poussent de façon sauvage tout autour de nous: lianes de toutes sortes, depuis la clématite jusqu’à la ronce, en passant par le houblon, herbes coriaces des zones humides comme les sagnes, rameaux tendres de tilleul, érable, fruitier, jeunes branches de saules, peupliers et de tous les buissons possibles et imaginables. Toutes les textures et toutes les teintes sont au rendez-vous dans un joyeux méli-mélo. Mircea Paillet « L’Oseraie du Possible », Yolande « La Glaneuse » et Claude Ricard sont les maîtres ès arts en vannerie et tressage à qui nous devons de passer un moment créatif exceptionnel. Merci à eux! Merci à Miette de l’avoir initié et à la commune de Lachau de nous avoir une fois de plus hébergés spacieusement. Diaporama Vannerie

Mircea explique son art

Un panier « deux coeurs » plein de fantaisie et difficile à réaliser

Yolande la « Glaneuse » révèle ses secrets

L’Université Buissonnière inspire Méméliane qui écrit un bien joli texte et un poème sur la journée vannerie

Le samedi 08 janvier 2011, je participais à Lachau (petit village de la Drôme Provençale) à un des ateliers de l’Université Buissonnière : fabrication de paillouse, avec de la ronce et de la paille. Deux autres ateliers avaient lieu à côté : travail de l’osier, rempaillage de chaises avec de la sagne. Dommage qu’on ne puisse se démultiplier ou que je ne sois comme Shiva, la déesse hindou à plusieurs bras, j’aurais bien assisté aux trois ! Ce sera pour une prochaine fois ! Nous avons eu une journée exceptionnellement douce pour la saison et pour le lieu. Aussi le travail de préparation de la ronce s’est fait dehors. Les longues tiges de ronces auxquelles Yolande avait préalablement enlevé les épines devaient être coupées en deux ou trois selon l’épaisseur. Départ au couteau poursuivi à la main. La délicatesse du doigté est nécessaire pour éviter de casser les tiges. Ensuite, en appui sur la cuisse, il fallait évider les ronces de leur chair. Ce travail se fait au couteau jusqu’à obtenir un lien fait de la seule écorce. Il suffit de l’assouplir au doigt et de la faire tremper dans l’eau le temps de préparer d’autres liens. Enfin, chaque lien doit être biseauté en bout pour constituer l’aiguille qui servira à « coudre ». Ce travail fini on a fait un petit boudin avec de la paille de seigle (une autre paille peut être utilisée à condition d’être souple et non cassante). Et le travail de vannerie commence. Fabriquer la base est le plus délicat du travail. En formant un cercle on passe le lien à espace régulier en se servant de l’aiguille qu’on passe dans la paille  (et en s’aidant d’une pointe si nécessaire).

Nous avions à côté de nous pour modèle une corbeille avec son couvercle. Première œuvre de Yolande. Elle a mis un jour et demi pour la faire ! Nous n’étions pas au bout de nos peines d’élèves attentifs. Nous mesurions toute la ténacité et la patience nécessaires pour finaliser un travail, pour voir un résultat concret. Nous regarderions dorénavant d’un œil plus admiratif ces vanneries en tout genres, paniers ou nasses à usage divers. Curieuse, je me levais pour aller observer les autres ateliers. L’ambiance de la salle était détendue, sereine. Chacun était à son œuvre, attentif au conseil du formateur. A chacune de mes questions, j’avais une réponse simple, naturelle. Avec aux narines, l’odeur de la paille et de l’osier fraîchement coupés, j’appréciais l’harmonie. Souriants et calmes, tous les participants semblaient avoir le même ressenti.

Hors les ateliers, une dame assise, tricote des chaussettes à l’ancienne (avec cinq aiguilles). Elle a appris à l’Université me dit-elle en riant ! On parle des souvenirs d’antan. Un homme à côté raconte que sa mère lui a appris à tricoter. Puis à côté c’est un tout autre travail. Miette et une autre personne sont en train de faire une sorte de sculpture, une structure aérienne à leur idée. Leurs doigts agiles tordent et entortillent les liens d’osier ou de clématite au gré de leurs inspirations. Les sécateurs virevoltent et crépitent.

Miette me dira qu’elle n’attend rien d’autre dans ces ateliers que du partage, de la convivialité à la portée de tous, un échange sur les pratiques anciennes à remettre au goût du jour pour ne pas que se perdent les traditions, les racines. Je suis partie trop tôt ayant juste le temps de voir s’installer la table pour la veillée. Quelle tablée ! Miette dévoilait des plateaux remplis de friandises de fêtes à rendre jaloux les plus habiles des confiseurs et à mettre l’eau à la bouche des plus fins gourmets ! J’ai eu droit à goûter un palet. Un pur délice ! A peine partie, je savais que je reviendrai à l’Université Buissonnière. Au programme la prochaine activité est le cardage, le filage, la teinture de la laine, le 05 février 2011.

Conclusion : activité très reposante et dynamique à la fois qui recadre et rééquilibre bien les choses. La ville a plein d’attraits mais la campagne sait garder les siens non négligeables. La nature vaut bien que l’on s’intéresse à elle, c’est un joyau fidèle et modeste sachant nous apporter bien plus qu’on ne le pense. Jamais jusqu’ici je n’aurais cru que les ronces étaient si belles. Pourquoi elles ont tant d’épines, je ne le sais toujours pas. Mais ce que je sais c’est qu’elles ont les couleurs des arbres à l’automne devant lesquelles on s’extasie. Alors que je les considérais comme de vulgaires envahisseuses, j’aurai sur elles un autre regard. Plus encore que celui du buisson  cher à mon enfance pour être le porteur de ces petits fruits noirs sucrés que sont les mûres, la ronce reste à mieux découvrir*. Elle est enfin le meilleur des symboles de vie et de prospérité. Elle résiste aux temps, restant toujours avec la même audace la meilleure gardienne de sa liberté : une résistante !

La recherche intergénérationnelle basée sur la tradition et la culture locale est un atout à ne pas perdre, une source d’enrichissement de laquelle il faut savoir s’abreuver. L’Université Buissonnière est un joli nom et un beau concept…
*Tisane de ronce : lutte contre les maux de gorge et la diarrhée
Ecrit par Méméliane le 17 01 11

Suit le poème « Brin de Vie » de Méméliane inspiré par cette journée

Une à l’endroit, une à l’envers
Toutes les mailles sont comptées,
A la quiétude d’un bel hiver
Où le temps sera presque figé.

Assise sur sa chaise, la tricoteuse
Au cliquetis de ses cinq aiguilles
laisse ses doigts s’affairer en chœur…
Et la joie de ses yeux rieurs pétille

A bâtir l’ouvrage elle met tout son cœur,
Remplie de l’odeur de la sagne coupée
Que façonnent les apprentis rempailleurs.
Un à un se pressent les rangs croisés.

Les sièges sensibles au geste caressant
Se laissent aller pour devenir beaux.
A côté, l’osier tendre ploie doucement
Se laissant chérir dans un souffle chaud.

L’instant arrive de sa transformation.
Les brins dansent une valse ou un tango…
Bientôt du panier ils feront l’admiration.
Plus loin la paille et la ronce font un lot.
Pour faire un joyeux mariage d’amour…
Mais les doux tourtereaux se rebellent
Quand à les entortiller on fait des tours
Puis épuisés ils se laissent devenir corbeille.

La tricoteuse n’a rien perdu du regard
Ici sont rassemblés des milliers de brins.
A l’Université on met tous les égards.
On la dit buissonnière et c’est bien dépeint.

Les élèves y sont calmes et studieux.
Les maîtres y sont patients et attentifs
Faisant renaître les traditions des vieux.
En prenant d’hier pour tresser demain.

Il y a du soleil jusque dans les murs
Sur lesquels à l’étal sont dressés les fagots
La campagne est ici avec tout son air pur
Ici on apprend de la nature ce qu’il faut.

Et comme à se faire plaisir les instants se grisent
On restera encore pour ne pas dire au-revoir
Avec l’odeur des foins et moissons aux narines
La table sera dressée pour la veillée du soir.
Méméliane

Transmission intergénérationnelle du savoir-faire

Samedi 5 février 2011 à Lachau, un grand programme: Assemblée Générale de l’Université Buissonnière-La Vie en Oeuvre et Atelier Laine. Occasion conviviale pour apprendre à filer la laine sur différents types de rouets, carder et feutrer à partir de la laine brute de notre région, tricoter des chaussettes, faire des pompons colorés ou des bonnets rigolos, initiation aux plantes qui font de belles teintures et pour finir un repas gourmand partagé avec grand plaisir. Entre deux activités on pouvait aller voir la belle expositions retraçant les très nombreuses activités de l’Université Buissonnière depuis ses débuts en 2009. Bravo à Miette et à toute l’équipe! Ouvrir le diaporama Assemblée Générale et Atelier Laine


De nombreux ateliers en textes et en images

Exposition sur les activités de l’Université Buissonnière 2009/2010


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