Jardin potager bio et confection d’un herbier

Atelier intergénérationnel du 7 janvier 2012

Diaporama 29 photos (cliquer ci-dessous)
Le jardin potager biologique et la confection d’un herbier

Le jardin potager bio

Les passionnés de jardinage bio sont venus en nombre

Cet atelier intergénérationnel de janvier 2012 a réuni un nombre impressionnant d’amateurs du jardinage biologique autour de quelques professionnels ou jardiniers déjà éclairés, heureux de partager leur expérience et leurs connaissances. Nous remercions Jean Busch, des Jardins du Buëch (Jardins d’Insertion, Laragne), Gérard Pol (céréales et  fromages de chèvres bio à Séderon, ancien maraîcher bio) Christina Maronnier (agricultrice bio depuis 20 ans à Mévouillon), Yolande Madiot (agricultrice à Barret-sur-Méouge), Michel Philippo (Association Sens et Autonomie, Eourres) et Jean-Louis Ramel (Jardinier amateur averti, Faucon) pour n’en nommer que quelques-uns, pardon pour les autres!

Chacun a été invité à se présenter et à expliquer sa démarche. Puis un certain nombre de questions intéressantes ont été posées sur les qualités des sols, les composts, les broyats, les amendements naturels, les prédateurs (pucerons, doryphores, limaces, campagnols, etc), les associations de plantes etc.. Les réponses ont été données par ceux qui avaient une expérience en la matière. Miette a parlé de son expérience réussie de jardin en lasagnes malgré un démarrage tardif dans la saison. Il s’agit de couches superposées de broyat, déchets vert et bruns, compost et fumier. Les plantations de légumes y ont prospéré de façon spectaculaire.

Pourquoi des ateliers autour du potager, des greffes et du troc de végétaux avec l’université buissonnière la vie en œuvre ? 

Nous avons la chance d’avoir dans l’intercommunalité des Hautes Baronnies de nombreux producteurs véritablement  bio et  labellisés « AB », dont certains furent pionniers et ont permis le retour des traditionnels petit épeautre, pois chiche, lentille, coco et d’un peu de maraîchage. Leur engagement  pour des produits bénéfiques pour la santé a pu sembler révolutionnaire et fut  en son temps peu reconnu localement. Pourtant nous leur devons beaucoup ! Je me nourris de leurs productions, que je peux acheter en faisant au plus dix kilomètres en voiture et je leur dois une santé restaurée. Profitons de leur produits que nous avons le plaisir de voir pousser et aussi de leur savoir-faire….

Chaque famille a ici son potager. Quelques-uns furent bio avant la lettre et beaucoup d’autres souhaitent revenir à des cultures potagères sans engrais chimiques et sans pesticides. Il nous faut donc retrouver les savoir-faire positifs des pratiques traditionnelles d’avant la modernité toxique  et nous enrichir des expérimentations multiples des trente dernières années: compostage et recyclage des déchets, prise de conscience de la qualité du sol et amendements organiques, rotation des cultures, associations dans les cultures de légumes, prévention des maladies et des prédateurs par des préparations végétales et minérales non toxiques issues de la récolte et du recyclage effectués à proximité des fermes etc.. .Nous avons à expérimenter et à apprendre les uns des autres, récupérer des savoirs anciens et ingénieux dont la transmission s’est arrêtée.  Nous avons le devoir de conserver  les fruits et légumes anciens et par bonheur quelques variétés  de fruits et légumes locaux  qui existent encore ( pas pour longtemps si nous ne prenons pas conscience qu’il font partie de la culture locale et que ce sont là de vraies richesses), nous pouvons aussi  expérimenter des légumes venus d’ailleurs, intéressants par leurs qualités gustatives ou nutritionnelles et compatibles avec nos sols et notre climat. Si l’échange de semences est un bienfait pour les plantes il l’est aussi  pour les gens car cela crée du lien et il est de mon point de vue aberrant et scandaleux que les paysans n’aient plus le droit de reproduire leur semences. Pur l’instant les associations et les jardiniers amateurs en ont encore le droit. Profitons en !
Miette Ripert

Troc de semences, greffons et boutures

La grosse valise de semences collectées par Miette auprès des jardiniers bio locaux

La collecte préalable des semences

Dans la perspective du troc de semences, anciens ou nouveaux jardiniers avaient fourni, au cours des semaines passées, toutes sortes de semences de légumes ou de fleurs, courantes, anciennes, locales, rares ou insolites.

Par exemple, une graine de calebasse méditerranéenne est chaudement promue par Miette pour nous encourager à la produire chez nous et l’utiliser à la manière amérindienne comme nid d’hirondelle ou autres oiseaux (suspendue sur un câble en rangées alignées dans des endroit découverts pour ne pas entraver le vol). N’oublions pas que le oiseaux trouvent de plus en plus difficilement un logis et qu’ils risquent de disparaître.

Une pour ouverture pour entrer et sortir

Une calebasse préparée pour devenir un nichoir pour oiseaux

Toutes les graines, au préalable regroupées chez Miette, avaient été mises en sachets et marquées par un groupe de bénévoles. Leur distribution ce jour a été un moment attendu et très animé, chacun découvrant les possibilités offertes pour renouveler et varier les cultures de son potager ou de son jardin d’agrément, le troc permettant de multiplier la production et les expériences personnelles grâce à la mise en commun des ressources.

Greffons d’arbres fruitiers locaux, boutures de peupliers baumiers ou brassées de brins d’osier de différentes sortes (offerts par Mircea, Eourres)  sont venus s’ajouter au troc. Les topinambours seront à l’honneur dans quelques jardins. Quelques pots plantés de raifort rejoindront un bout de jardin et feront le régal des amateurs de condiments sains et piquants. Quelques touffes de sagnes (herbes pour le rempaillage des chaises, en voie de disparition) sont partis rejoindre quelque bout de terrain humide devenant du même coup une mini réserve biologique.

Confection d’un herbier

Pierre Bence explique les étapes de la confection d'un herbier

Pierre Bence a enchaîné en présentant l’herbier qu’il est en train de se constituer dans les règles de l’art et invite tout un chacun à en faire autant, nous prodiguant les conseils adéquats sur la cueillette, le séchage, l’identification et la présentation. Les planches en A 3 sont de vrais tableaux d’art et les formats A4 soigneusement rassemblés dans des classeurs une vraie mine d’or. Quelle patience pour arriver à ce magnifique résultat tout en respectant la description suivant les normes conventionnelles compliquées et exigeantes de la Botanique! Pierre Bence fait partie de l’Association de Botanique de la Haute-Ouvèze et met ses connaissances de la flore mais aussi de la faune à la disposition des membres de l’Université Buissonnière.

Ci-dessous le « mode d’emploi » rédigé par Pierre Bence:

DE LA PLANTE A L’HERBIER
RECOLTE
Modérer ses récoltes – Il est peu gratifiant de trop cueillir pour jeter ensuite les plantes que l’on n’a pas eu le temps de préparer pour la conservation.
Au début, restreindre son activité à une famille particulière ou à un lieu familier, le jardin par ex. On peut récolter la plante entière, si sa taille s’y prête, sinon, des fragments représentatifs, feuilles des parties basales et hautes, inflorescence, fruit. Suivant l’époque où l’on cueille, le végétal n’a pas le même développement; il faut penser, alors, si possible, à faire une récolte complémentaire (R.C.) à une autre période.
Si le prélèvement a lieu près de chez soi, et si on a le temps, on peut rapidement le mettre en forme dans la presse. Si c’est lors d’une sortie botanique, on stocke comme on peut, dans un sac plastique, dans une boite plastique, dans un bottin, quelques plantes qui vont souffrir un peu de la chaleur, de la compression… De retour, il ne faudra pas les négliger, préparer ce qui peut l’être assez vite, ou alors, si notre bouquet est fané et chiffonné, le mettre en vase avec de l’eau. Souvent, quelques heures plus tard ou le lendemain, nos plantes feront meilleure figure. On va pouvoir s’occuper d’elles.
Prendre le plus de notes sur le terrain. Date, lieu, habitat, couleur, importance de la population etc… Qui devront suivre chaque prélèvement. 

SECHAGE
Il consiste à disposer, le plus esthétiquement, le plus explicitement, le sujet, ses parties caractéristiques sur une feuille de séchage disposée entre des épaisseurs de journaux à l’intérieur d’une presse (que l’on peut très facilement confectionner avec 2 planches de bois format A3. Lors de cette étape il faut obligatoirement reporter sur une étiquette provisoire le maximum de données notées sur le terrain et qui accompagnera le spécimen jusqu’au montage final. Les différents prélèvements sont traités de la même façon et empilés les uns sur les autres à la manière d’un mille feuilles – Il faut disposer d’un volant d’une bonne trentaine de journaux, ainsi qu’une réserve de feuilles A4).
Chaque jour, il faudra changer les feuilles et les journaux, surtout au début. D’une manière générale il faut compter 10 jours de séchage. (Ne pas égarer les étiquettes provisoires).
L
orsque la plante est sèche  – on a obtenu un dessicata – que l’on peut monter sur son support définitif immédiatement ou, le plus souvent, que l’on entrepose dans une chemise de papier journal, toujours avec son étiquette, en attente. Le tout est archivé dans un carton à dessin suivant les dates de récolte qui serviront à fixer le N° de récolte.
Une précaution contre d’éventuels ravageurs en germe dans la plante: le passage au congélateur 3 à 4 jours.

MONTAGE EN PART D’HERBIER
Il pourra se faire après la saison de végétation (j’aime bien durant l’hiver) sur des feuilles de papier assez épaisses de format A 3 ou A 4.  Le format A3 est le format scientifique requis, la plante montée est ensuite disposée dans une chemise de papier de même format A3. Vous vérifierez bien vite que l’encombrement est important, que la visite à l’herbier est peu pratique, que le matériel nécessaire à sa confection n’est pas le plus courant. Bref, vous avez compris, je ne vous le conseille pas pour commencer.
Mais que ce soit en A3 ou en A4, il faut placer une étiquette correctement remplie dans le coin inférieur droit de la feuille de montage avec les renseignements suivants:

Etiquette type: 
FAMILLE botanique: 
TAXON (nom scientifique):
Et nom du déterminateur s’il y a lieu.
NOM FRANCAIS (et local): 
DATE RECOLTE: 
LIEU RECOLTE: lieu- dit, commune, C.P.: 
COLLECTEUR (et N° de récolte): 
CARACTERES IN VIVO: couleur, odeur, taille moyenne des individus de cette population.
HABITAT: altitude, substrat, grand type de végétation. 

Observations personnelles: ne pas recopier les livres.
Il est certain que le format A3 permet de placer des étiquettes plus grandes et qu’on peut les imprimer, pour ne pas oublier une ligne à renseigner. Pour les feuilles A4 j’emploie de petits carrés genre post-it que je remplis suivant le même ordre. Ces étiquettes sont placées, avec une pointe de colle, dans le coin inférieur droit.
Parallèlement, il faut disposer la plante séchée que l’on fixe au moyen de fines bandelettes de papier gommé. – le scotch, invisible dans un premier temps, vieilli très mal et devient marbré de brun avec le temps –
Sur cette part d’herbier A4, qui dispose de son étiquette avec le N° de récolte, j’inscris, en regard du détail végétal, ses caractéristiques  botaniques que je retrouve dans différentes flores. La détermination, quelquefois encore en attente, peut se faire à ce moment (ou plus tard par nous même ou un déterminateur plus expérimenté). La plante est littéralement passée à la loupe. C’est vraiment un herbier de travail qui permet un progrès dans la connaissance et la reconnaissance. Cette feuille A4 est alors disposée dans une pochette plastique transparente de même format qui protégera et qui est insérée dans un classeur en suivant le N° de récolte. Il sera facile d’y revenir, revoir les caractères utiles à la détermination. Et si vous pratiquez ce travail, vous découvrirez un plaisir supplémentaire, chaque observation méticuleuse de cette plante séchée vous fera revivre le lieu, l’atmosphère, la journée particulière de sa récolte!
Pour que l’œuvre soit complète il faut encore établir une table des matières, sous Excel par ex., qui vous permettra de trier et de retrouver vos plantes par familles, avec leur N° de récolte.
Les parts d’herbier A4 sont archivées dans de gros classeurs faciles à ranger et à compulser. Mais, si le virus de la botanique se développe en vous, et que vous persévériez plusieurs années, prévoyez une grande armoire pour vos nombreux classeurs. Cet investissement en papeterie n’est pas considérable mais, il y a les livres! Et l’ordinateur! Et la photo!
P.B.

Le repas partagé

Le moment de la détente et de l'amitié

Un repas partagé a permis de goûter aux excellentes spécialités maison apportées par les uns et les autres. Les bonnes soupes chaudes aux légumes, notamment celle très originale de butternut et noix, faite par Monique Amic, ont été très appréciées. C’est avec ce moment amical et paisible que la soirée s’est terminée.

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